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2018
06
28

« Manger gras pour maigrir » ou manger deux fois moins?

Déclaration

Je n’ai aucun livre, plan ou technique de perte de poids à vendre. Je ne réalise aucun profit avec cet article ni mes publications. Je n’ai aucun intérêt personnel à ce que quelqu’un adopte ou non une alimentation plus qu’une autre. Je ne défends aucune idéologie. Mon seul intérêt est la science.

Introduction

Un article de LaPresse publié tout récemment discute de l’alimentation à la mode en ce moment : l’alimentation cétogène!

Qu’est-ce que c’est?

L’alimentation cétogène est une alimentation très riche en gras, modérée en protéines et très faible en glucides. Il s’agit d’une alimentation faible en glucides et riche en gras (en anglais, low-carb high-fat ou LCHF). La répartition typique est la suivante : 80% des calories totales sous forme de gras, 5-10% des calories sous forme de glucides et 10 à 20% sous forme de protéines. En général, on vise un maximum absolu de glucides de 25 à 50g par jour. Vingt-cinq grammes de glucides correspondent à une banane ou 1 rôtie ½. Ce changement dans l’alimentation force l’organisme à utiliser une autre source d’énergie que le glucose pour alimenter le cerveau et l’organisme : les corps cétoniques ou cétones. Notez également que chacun des grammes de glucides contenus dans les aliments doivent être comptabilisés afin de maintenir l’état de cétose. Ainsi, même les portions d’autres aliments « faibles en glucides » tels que les légumes verts, les produits laitiers non sucrée et les noix doivent être contrôlées.

Pourquoi un article?

J’écris cet article afin de souligner différents points importants souvent oubliés ou qui ne sont pas tout à fait justes au sujet de l’alimentation cétogène, de la perte de poids ou de l’insuline. Mon article est assez long, car j’examine certaines des affirmations douteuses tirées de l’article de LaPresse. Si vous souhaitez simplement avoir l’heure juste, consulter uniquement la section suivante, « En résumé », qui fait le tour des avantages / inconvénients de l’alimentation cétogène (ou faible en glucides, riche en gras). Si vous désirez aller plus loin, poursuivez votre lecture.

En résumé

L’alimentation cétogène en trois concepts : The good (le bon), The bad (le mauvais), The ugly (le sale).

The good

  • Suivre une alimentation qui vous convient personnellement
  • Recevoir du soutien de la communauté cétogène
  • Diminution spontanée de la faim (1, 2)
  • Diminuer sa consommation d’aliments ultra-transformés, car ils sont riches en glucides. Ce que j’appelle « Faire la bonne chose pour les mauvaises raisons »
  • Améliorer la qualité de son alimentation : consommer plus de légumes, de poisson, d’huile d’olive, petits fruits/noix; consommer moins de boissons sucrées, desserts et sucreries)
  • Autres raisons indirectes

The bad

  • Adopter « des modes » qui n’ont aucun intérêt pour la santé : beurre dans le café (3-6)
  • Croire que les glucides sont le seul élément responsable de toutes les maladies
  • Croire que l’alimentation cétogène est le seul modèle alimentaire sain: il en existe d’autres (7)
  • Croire que des aliments sont à éviter à cause de la présence de glucides, malgré leurs effets favorables sur la santé: fruits, noix, légumineuses, certains légumes, grains entiers (8, 9)
  • Croire que des aliments sont à favoriser à cause de l’absence de glucides, malgré leurs effets défavorables sur la santé : charcuterie, bacon, viande froide (8, 9)
  • Croire que les scientifiques de Santé Canada et Statistique Canada ainsi que les autres professionnels de la santé sont incompétents, car ils ne font pas la promotion de l’alimentation cétogène

The ugly

  • Autotraiter des conditions médicales avec l’alimentation, sans soutien professionnel adéquat, après avoir lu des témoignages
  • Se donner du mal pour être en cétose alors que peu de preuves chez l’humain, à ce jour, n’indique qu’être en cétose procure un avantage pour la perte de poids (vs alimentation simplement plus faible en glucides ou modèle alimentaire sain, peu transformé) (10)
  • Adopter intensément l’alimentation pendant un certain temps, mais devoir tout abandonner ou devenir malheureux, car celle-ci devient incompatible avec son mode de vie et ses relations sociales.
  • Accroître / stimuler un trouble alimentaire en adoptant l’alimentation pour perdre du poids (lecture suggérée : « Faire une diète restrictive, c’est de la merde! »)

Pourquoi des effets favorables dans certaines études?

L’ensemble des raisons indirectes (The good) provoque généralement des changements favorables lorsqu’une intervention cétogène est comparée à d’autres types d’alimentation, mais que les protéines ou les calories ne sont pas égales. On voit donc ces différences lorsque les interventions sont moins bien contrôlées. Consommer plus de protéines est un biais majeur considérant les effets positifs de ce nutriment sur plusieurs variables importantes liées la perte de poids dont la satiété et la masse musculaire. De plus, l’alimentation cétogène oblige nécessairement la restriction en glucides, donc on enlève à toute fin près la moitié de l’alimentation moyenne des Canadiens. En effet, les glucides représentent un peu moins de 50% de ce qu’un Canadien consomme chaque jour d’où le titre de l’article « manger deux fois moins ».

Qu’est-ce que cela implique? Il est peut-être plus facile de voir des différences pour monsieur/madame tout le monde qui essaye l’alimentation faible en glucides et riche en gras, mais ces différences ne sont pas dues à l’alimentation elle-même. Les méta-analyses (combinaison d’études) observent de petites différences et surtout à court terme (3 ou 6 mois). Par exemple, une plus grande perte de poids de 2 lbs (11) ou de 1.5 lbs (12), mais ces effets supérieurs disparaissent après 12 mois (11, 12). Le même phénomène est observé lorsqu’on s’intéresse à des marqueurs de risque, notamment l’hémoglobine glyquée (abréviation: HbA1C), un marqueur d’exposition aux sucres dans le sang dans les 3 derniers mois. Les participants assignés à une diète faible en glucides voient une plus grande diminution de leur HbA1C (-0.34%) à court terme, soit 3 ou 6 mois, mais la différence s’estompe à 12 mois (13). En somme, d’autres approches, moins drastiques, sont peut-être aussi intéressantes et pourront potentiellement être maintenues plus longtemps en autant que des professionnels soutiennent les changements (14, 15).

Mise à jour (2018-07-14): une nouvelle étude de type revue systématique et méta-analyse (recherche et combinaison de toutes les études sur un sujet) fut publiée cette semaine. Cette étude rigoureuse a évalué les effets d’une intervention faible en glucides (<40% des calories totales) comparée à une alimentation faible en gras (<30% des calories totales) chez des participants diabétiques (type 2), soit deux modèles d’alimentation complètement opposés. Les résultats sont cohérents avec les autres méta-analyses citées plus hauts et renforcent l’idée que l’adhésion aux recommandations un facteur déterminant, tandis que couper les glucides pourrait procurer un léger avantage statistiquement significatif, mais dont les effets en clinique – «dans la vraie vie» – sont incertains.

Zuuren Amer J Clin Nutr 2018 «Effects of low-carbohydrate- compared with low-fat-diet interventions on metabolic control in people with type 2 diabetes: a systematic review including GRADE assessments»

Zuuren Amer J Clin Nutr 2018 «Effects of low-carbohydrate- compared with low-fat-diet interventions on metabolic control in people with type 2 diabetes: a systematic review including GRADE assessments»

Mise à jour (2018-09-23): une autre étude de type revue systématique et méta-analyse (recherche et combinaison de toutes les études sur un sujet) similaire à la précédente fut publiée peu de temps après. Les conclusions sont à peu près identiques à l’étude de van Zuuren, c’est-à-dire que la restriction en glucides (moins de 40% de l’énergie ou 21-70g par jour) procure un léger avantage, surtout à court terme, qui s’estompe à 12 mois en comparaison à une alimentation plus riche en glucides. Cette équipe de recherche est indépendante de celle de la précédente étude. Les conclusions cohérentes entre ces deux méta-analyses (van Zuuren et al.; Korsmo-Haugen et al.) appuient l’idée que la proportion de glucides est un facteur de moindre importance et individuel.

Korsmo-Haugen Diabetes Obes Metab 2018 Carbohydrate quantity in the dietary management of type 2 diabetes: A systematic review and meta-analysis

Korsmo-Haugen Diabetes Obes Metab 2018 «Carbohydrate quantity in the dietary management of type 2 diabetes: A systematic review and meta-analysis»

Je vous suggère aussi une série vidéo d’une collègue nutritionniste : Cynthia Marcotte. Elle discute des implications pratiques en plus de son expérience. On entend souvent les témoignages positifs, mais il y a aussi un revers à la médaille.

Article de LaPresse, affirmation vs réalité

Affirmation :« On remarque aussi que deux camps s’affrontent : les tenants de l’approche traditionnelle d’une alimentation faible en gras et les nouveaux convertis à ce « mode de vie »»

Réalité : Il n’est jamais question de deux camps qui s’affrontent. Certes, les études qui s’intéressent à l’effet d’un macronutriment (glucides ou lipides) utilisent souvent l’alimentation faible en gras en contraste à l’alimentation faible en glucides afin de maximiser les chances de voir des différences. Néanmoins, les seules personnes qui revendiquent la supériorité d’une approche particulière sont celles qui sont biaisées en faveur de l’une d’elle. En effet, n’importe quelle approche nutritionnelle permettant de maintenir les recommandations dans le temps est appropriée. De nombreuses recherches montrent que le nombre de suivis avec une équipe professionnelle est un déterminant important de succès, peu importe le type d’alimentation adopté (15). Bref, choisissez le modèle alimentaire sain qui vous convient (validé par la science et adapté à votre contexte).

Glucides ou lipides?

Qui plus est, j’ajouterais aussi qu’il y a ceux qui adoptent l’alimentation cétogène en la considérant comme LA solution à tous les maux. Très souvent, ceux qui affirment la supériorité d’une approche ont un livre à vendre… ou deux, ou trois et, on réalise qu’ils ont plusieurs intérêts ($) en lien avec une approche. Et, de l’autre côté, il y a ceux qui comprennent que plusieurs modèles d’alimentation sont possibles et qu’il faut des preuves avant d’aller de l’avant.

Affirmation :« Ici, deux camps s’opposent [en parlant des calories]: les tenants de l’approche classique – la restriction calorique pour maigrir – et les « cétos », qui arguent que toutes les calories ne sont pas équivalentes»

Évidemment, la qualité des aliments consommés (soit la provenance des calories) influence la santé métabolique, les sensations de faim/satiété et la qualité de la perte de poids (lecture suggérée : « Comment perdre du poids? »). D’un autre côté, il faut savoir qu’à calorie égale et à teneur égale en protéines, la proportion de lipides ou de glucides dans l’alimentation n’influence pas la perte de poids (15, 16). En ce qui concerne les protéines, elles sont un nutriment d’intérêt pour une perte de poids de qualité. En effet, les aliments riches en protéines ont un effet coupe-faim important, ils favorisent la rétention de la masse maigre lors d’une perte de poids et sont plus difficiles à transformer en tissus adipeux que les gras ou les glucides (17). En somme, le défi est surtout le maintien des recommandations et le respect du plan qui peut être particulièrement difficile dans un environnement favorisant la sédentarité et la surconsommation alimentaire (lecture suggérée : «J’ai toujours faim!»).

Affirmation : « [C]’est l’augmentation de la consommation des glucides depuis les années 70 qui serait responsable de l’épidémie d’obésité actuelle »

Réalité : Les Canadiens consomment moins de glucides, peu importe si l’on regarde l’alimentation de façon apparente ou de façon mesurée. Ainsi, il est peu probable que la consommation de glucides soit une cause principale de l’augmentation des maladies chroniques (p. ex. obésité et diabète de type 2). Il s’agit de preuves circonstancielles, insuffisantes pour répondre à la question, mais qui sont tout de même incohérentes avec l’idée que seuls les glucides sont à pointer du doigt pour expliquer les maladies chroniques. En d’autres mots, les causes de maladies chroniques sont nombreuses, complexes et concernent autant l’individu (exemple : choix personnels, habitudes de vie) que l’environnement (exemple : industrie, restaurants).

Consommation apparente 

La consommation apparente est l’ensemble des aliments disponibles pour achat. Cette donnée ne tient pas compte du gaspillage, les pertes dues à la préparation, transformation par les restaurants, etc. Ainsi, il s’agit d’une grossière tendance.

Mythe des glucides

Plus précisément, voici les changements, par personne, par année, en % (kg) entre 2016 et 2006:

  • Fruits frais: +6.7% (+5.1 kg)
  • Fruits transformés et jus: -11.1% (-3.9 kg)
  • Pommes de terre (fraîches et transformées): -14.9% (-9.8 kg)
  • Produits céréaliers: -11.5% (-9.7 kg)
  • Sucres raffinés, produits de l’érable et miel: -4.7% (-1.5 kg)
  • Boissons gazeuses: -37.5% (-37.6 kg)
    Seuls les fruits frais sont davantage consommés!

Source: Statistique Canada. Tableau 32-10-0054-01 Aliments disponibles au Canada.

Consommation mesurée

Une comparaison des enquêtes nationales sur la nutrition a montré qu’entre 2004 et 2015, le % des calories totales provenant des glucides est passé de 49.1% à 47.7% chez le Canadien moyen. Il s’agit d’une petite différence, mais si c’était « la faute des glucides », on aurait vu au moins une stabilisation de la prévalence des maladies chroniques (obésité, diabète de type 2). Ce n’est pas le cas.

Affirmation : «Mais ce n’est pas tant une question de calories, mais avant tout d’hormone ; une résistance à l’insuline qui fait que même si on mange 800 calories par jour, on ne maigrit pas, car l’insuline bloque la lipolyse […] », soutient la Dre Bourdua-Roy.»

Réalité : Bien que séduisante, l’hypothèse insuline-obésité ( = c’est l’insuline qui cause la prise de poids / gérer l’insuline en consommant moins de glucides permet de perdre du poids) n’est pas soutenue par plusieurs études, dont certaines ayant été financées par Gary Taubes lui-même, un ardent défenseur de l’alimentation cétogène (faible en glucides, riche en gras).

Une méta-analyse (combinaison d’études) récente a montré que la teneur en glucides ou en lipides n’influence pas le changement de poids corporel. Cette analyse combine 32 études contrôlées, c’est-à-dire où tous les aliments étaient fournis aux participants! Peu importe la teneur en glucides ou en gras, l’analyse montre que les participants perdent du poids de façon similaire. Cette preuve scientifique est de haute qualité (16).

Dans une autre étude, deux diètes, une riche en glucides, puis une faible en glucides (cétogène) furent testées pendant 4 semaines chacune (18). Encore une fois, les participants ont reçu tous les aliments dans chacune des phases. Au terme de chaque diète, les participants ont passé 2 jours en « captivité » dans une chambre métabolique qui analyse précisément les échanges gazeux et la dépense énergétique. Résultat? Pas d’effet de la diète sur la dépense énergétique ou la capacité à «brûler du gras». Cette étude fut financée par Gary Taubes (un adepte de l’alimentation faible en glucide) et montre, encore une fois, des preuves solides qui n’appuient pas du tout l’hypothèse de l’insuline.

Les résultats de la méta-analyse (16) et de l’étude en chambre métabolique (18) sont aussi cohérents avec deux grandes études d’intervention récente (19, 20). La première étude, d’une durée de 3 mois chez 46 hommes, a évalué les effets d’une diète “very low-carb” et “low-fat” (19). Les auteurs se sont ensuite intéressés au gras viscéral, à l’insuline, à la glycémie et à un indice de résistance à l’insuline: pas de différence entre les diètes.

Dans la deuxième étude (20), les auteurs ont évalué si la sécrétion d’insuline ou la présence de gènes particuliers influençaient la perte de poids après 6 et 12 mois. Un total de 609 participants ont été assigné aléatoirement à une diète “low-carb” ou “low-fat”. Au terme des 12 mois, on n’observe aucune différence entre les diètes et aucun effet modifiant de la sécrétion d’insuline ou des gènes. Comme une image vaut mille mots, voici d’ailleurs les pertes de poids individuelles des participants (20). Cette image nous permet de constater que 1) pour la même intervention, on observe des changements de poids corporel hautement variables, allant de -30kg à +10kg (!!!); et 2) si l’insuline avait un effet déterminant dans la capacité à perdre du poids, il serait très difficile de perdre du poids en suivant une alimentation faible en gras et on observerait moins de gens avec du succès dans le graphique de gauche (« low fat diet »). Cette dernière étude fut financée aussi par Gary Taubes, défenseur du faible en glucides. 

«Les individus ont des réponses extrêmement différences après une diète faible en gras ou faible en glucides.»

«Les individus ont des réponses extrêmement différences après une diète faible en gras ou faible en glucides.»

En somme, ces études de haute qualité sont cohérentes et unanimes (16, 18-20): le modèle glucide-insuline-obésité n’est pas appuyé par des données rigoureuses.

Qu’est-ce que cela veut dire? Contrôler l’insuline n’est pas une technique magique pour prendre en main sa santé. Il ne suffit pas de cesser de consommer des glucides pour avoir une bonne qualité alimentaire. D’un autre côté, cette observation est positive en soi, puisque cela veut dire que nous avons une plus grande variété de stratégie nutritionnelle potentielle pour améliorer sa santé.

Affirmation : «[P]our la Dre Èvelyne Bourdua-Roy […] il existe pourtant des études qui sont réellement prometteuses pour les personnes atteintes de diabète de type 2, dont l’étude Virta, publiée plus tôt cette année.»

Réalité : L’étude Virta est effectivement prometteuse (perte de poids, amélioration de facteurs/marqueurs de risque), mais elle possède des biais monstrueux qui limitent grandement la portée des conclusions (21). L’élément le plus intéressant, quant à moi, est le modèle de soin que la clinique utilise. Ce modèle axé sur la technologie utilise notamment : application sur téléphone intelligent, suivi à distance et conjoint avec « coach en nutrition » et médecin, entrée quotidienne de paramètres dans l’application mobile (poids, mesures biochimiques, etc). Bref, la clinique possède un modèle de prise en charge du patient très intéressant qui offre un soutien continu (22), mais l’étude comme telle n’apporte pas vraiment de réponses sur la valeur de l’alimentation cétogène, malheureusement.

Pourquoi l’étude ne permet pas de répondre à la question « est-ce que l’alimentation cétogène est avantageuse pour la gestion du diabète de type 2 » ? Puisque nous ignorons si des résultats similaires auraient pu être observés chez les patients s’ils avaient adopté une autre alimentation, mais reçu le même suivi high-tech. Les auteurs de l’étude Virta n’ont pas attribué l’intervention de manière aléatoire et il n’y a pas de groupe contrôle ayant reçu une intervention. Ainsi, certaines caractéristiques des participants peuvent biaiser les résultats et l’on ignore le degré de résultats directement attribuables à l’alimentation cétogène (vs placebo? Vs régression vers la moyenne? Vs une autre intervention?). 

À garder en tête

La science est en évolution. Une stratégie nutritionnelle n’est peut-être pas validée scientifiquement aujourd’hui, mais pourrait l’être demain. Une citation éloquente est celle du Dr David S. Ludwig, un défenseur de l’alimentation cétogène. Il dit lui-même que :«the evidence for very low-carb-diets for weight loss and diabetes management is still preliminary, but funding for high-quality research could change that.» (23) Ce dernier souhaiterait voir plus d’études d’envergure évaluant cette alimentation et admet que les preuves sont préliminaires. Je suis totalement en accord avec ce point et j’aimerais voir des études publiées sur les thèmes suivants :

  • Alimentation cétogène et diabète de type 2 : les effets positifs observés dans certaines études sont-ils indépendants de la perte de poids? Est-ce que la vitesse de perte de poids influence les effets?
  • Alimentation cétogène et corps cétonique: est-ce que les corps cétoniques permettent de couper la faim? Y a-t-il d’autres mécanismes impliqués (p. ex.: protéines)?
  • Alimentation cétogène et commotion cérébrale : est-il pertinent d’offrir un carburant alternatif (les cétones plutôt que le glucose) aux neurones?
  • Alimentation cétogène et trouble neurologique, cancer : y a-t-il une utilité particulière?
  • Alimentation cétogène et aspect pratique : s’agit-il d’un modèle réaliste à appliquer en pratique chez certaines populations plus vulnérables (ex. : personnes âgées)?

Si vous n’avez pas eu de succès avec d’autres approches, que vous croyez que ce modèle alimentaire vous convient, qu’il permet de maximiser votre adhésion et que vous avez un suivi avec des professionnels de la santé (nutritionniste, kinésiologue, médecin, infirmière), alors pourquoi ne pas l’essayer? Demeurez cependant critique. Comme vous avez pu lire, de nombreuses bases justifiant cette alimentation (glucides-maladies, insuline-obésité, avantage perte de poids) ne sont pas validées par des données scientifiques rigoureuses.

Didier Brassard, DtP MSc
Candidat au doctorat en nutrition

Je remercie également Cynthia Marcotte, DtP pour la révision de mon article et ses commentaires.

Références

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  2. Paoli A, Bosco G, Camporesi EM, Mangar D. Ketosis, ketogenic diet and food intake control: a complex relationship. Front Psychol 2015;6:27. doi: 10.3389/fpsyg.2015.00027.
  3. Brassard D, Arsenault BJ, Boyer M, Bernic D, Tessier-Grenier M, Talbot D, Tremblay A, Levy E, Asztalos B, Jones PJH, et al. Saturated Fats from Butter but Not from Cheese Increase HDL-Mediated Cholesterol Efflux Capacity from J774 Macrophages in Men and Women with Abdominal Obesity. J Nutr 2018;148(4):573-80. doi: 10.1093/jn/nxy014.
  4. Griffin BA, Lovegrove JA. Butter Increases High-Density Lipoprotein Functional Capacity: Is This Compensation for Its Adverse Effect on Serum Low-Density Lipoprotein Cholesterol? J Nutr 2018. doi: 10.1093/jn/nxy086.
  5. Brassard D, Tessier-Grenier M, Allaire J, Rajendiran E, She Y, Ramprasath V, Gigleux I, Talbot D, Levy E, Tremblay A, et al. Comparison of the impact of SFAs from cheese and butter on cardiometabolic risk factors: a randomized controlled trial. Am J Clin Nutr 2017;105(4):800-9. doi: 10.3945/ajcn.116.150300.
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  21. Bhanpuri NH, Hallberg SJ, Williams PT, McKenzie AL, Ballard KD, Campbell WW, McCarter JP, Phinney SD, Volek JS. Cardiovascular disease risk factor responses to a type 2 diabetes care model including nutritional ketosis induced by sustained carbohydrate restriction at 1 year: an open label, non-randomized, controlled study. Cardiovasc Diabetol 2018;17(1):56. doi: 10.1186/s12933-018-0698-8.
  22. Hallberg SJ, McKenzie AL, Williams PT, Bhanpuri NH, Peters AL, Campbell WW, Hazbun TL, Volk BM, McCarter JP, Phinney SD, et al. Effectiveness and Safety of a Novel Care Model for the Management of Type 2 Diabetes at 1 Year: An Open-Label, Non-Randomized, Controlled Study. Diabetes Ther 2018;9(2):583-612. doi: 10.1007/s13300-018-0373-9.
  23. Abbasi J. Interest in the Ketogenic Diet Grows for Weight Loss and Type 2 Diabetes. JAMA 2018;319(3):215-7. doi: 10.1001/jama.2017.20639.

Auteur : Didier Brassard

Commentaires
10
Blondel m laure

Avez vous essayé avant de dénigrer?

Didier Brassard

Bonjour,
Mon expérience personnelle n’est pas vraiment pertinente à cet article. En effet, je préfère rester objectif en me basant sur les preuves scientifiques. De plus, je ne vois pas en quoi je dénigre cette alimentation, alors que je présente simplement les avantages et inconvénients.

Claude Beaulieu

Merci pour l’article appuyé de références. Clair.

Didier Brassard

C’est un plaisir!

John Caron

Entre entre 2016 et 2006 on a diminuer en produit sucré…mais les pâtes forte en glucides? ou tout les autres produit transformés? Qu’est-ce qui en est? A t’on vraiment diminuer notre rapport en sucre tant que ça? Je ne pense pas, c’est pour ça que plus les baby-boomers vieillit mal et sa va coûté cher (des cancers a répétitions, problèmes cardiaques par du monde qui mange presque pas de gras en plus, diabète, foie gras). Ma génération des X sont déjà mal en point aussi et les jeunes …y a jamais eu autant d’obèse et y a des belles initiatives pour bouger mieux. Tant qu’on comprends pas que l’hormone insuline et que la résistance à l’insuline sont le plus lié à l’obésité, temps et aussi longtemps qu’on va s’entêter dans cette voie dégénérative, où on mange trop de sucre (les valeurs nutritionnel parle de 200 gr de glucide au quotidien ce qui serait pas si mal si on était déjà pas si mal foutu) qui mélanger avec du gras est super nocif, on mange trop de produit qu’on ne peut nommer et on mange trop, 2 à 3 repas (moi c’est 2) pas de collation, on donne 12 à 14 h a ton estomac pour ce reposer et diminuer sa résistance à l’insuline (meilleur moyen). Si on fessait ça on en aurait pas besoin du régime cétogène. Lire le code obésité du Dr.Fung qui l’explique bien et qui a plus d’étude en référence dans ce là, que tu en auras jamais sur ton site. L’alimentation cétogène mimique le jeûne qui est un des meilleurs moyen de régénérer. Toute les personnes qui dénigrent les cétos, peu d’entre-eux s’attaque au jeûne qui fonctionne à se moment là avec de la cétone et du fait même diminue leur crédibilité.Notre bon George St-Pierre (Youtube avec Joe rogan) fait ces meilleurs entrainements et a perdu un bon pourcentage de son body fat en intégrant le jeûne intermittent après avoir rencontrer le dr.Fung (qui a formé aussi le Dr. Bourdua qui est responsable de la clinique coop médicale Reversa qui traite des centaines de patients avec l’alimentation cétogène et le jeûne. Les résultats sont incroyables). Cette alimentation a renversé mon diabète en 6 semaines, mon hémoglobine glyquée est passé de 7 Mmol/L à 5.6 (avant pré-diabète) et j’avais arrêter toute médication deux semaine avant mon test. A moins que j’aille des questions, je n’ai plus besoin de voir mon médecin spécialiste

Didier Brassard

Bonjour,
Selon les grandes tendances, la consommation de pâtes (Farine, semoule, orge, riz et céréales à déjeuner) a bien diminué de 11.5% (9.7 kg) de même que les sucres raffinés, produits de l’érable et miel (-4.7% ou -1.5 kg). Donc, de ce côté, oui, même les pâtes et les sucres concentrés sont moins demandés au Canada. Vous mentionnez ensuite que notre quantité de sucres n’a probablement pas diminué tant que ça et en effet, je crois aussi que la consommation produits transformés est toujours élevée. Ainsi, lorsqu’on mesure l’alimentation, nous remarquons que le % dédié aux glucides passe de 49.1% à 47.7% (2004 à 2015). En somme, c’est très similaire.

Les baby-boomers sont peut-être malades, mais vivent toujours plus vieux: l’espérance de vie augmente. De plus, les maladies cardiovasculaires sont en diminution (maladies du coeur) et la prévalence du cancer est stable (voir https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/180628/dq180628b-fra.htm ).

Les initiatives pour bouger plus sont nombreuses, mais notre mode de vie axé sur la productivité (stress, manque de sommeil, performance au travail, sédentarité, environnement alimentaire obesogène) favorise plus que jamais le développement des maladies chroniques. Bref, ce n’est pas si simple. Et c’est justement le point de mon article. Il ne suffit pas de contrôler son insuline en mangeant moins de glucides pour atteindre la panacée. Peu importe la quantité de références qu’on retrouve dans le livre de Jason Fung, mon constat est le même: 1) l’hypothèse insuline-obésité n’est pas appuyée par des données épidémiologiques et cliniques de haute qualité et rigoureuse; 2) il existe une multitude d’options nutritionnelles, selon les préférences de l’individu, permettant d’améliorer la qualité de son alimentation et améliorer son état de santé. Nous ne sommes pas obligé d’être cétogène ou de jeuner. Ainsi, c’est fantastique! Puisque cela laisse plusieurs options sur la table pour maximiser l’observance des recommandations: LE facteur déterminant le succès d’une personne.

Finalement, je ne peux m’empêcher de souligner que le fait que des vedettes adoptent une alimentation n’est aucunement une justification. «Notre bon George St-Pierre» est ce qu’on appelle un “appel à l’autorité” (et “effet de halo”) pour justifier ou approuver une alimentation particulière, c’est un argument fallacieux (voir https://yourlogicalfallacyis.com/fr/appel-a-l-autorite ). D’ailleurs, un témoignage personnel n’est pas une preuve valable, quoique c’est tant mieux si vous avez eu de bons résultats! En effet, il s’agit d’une généralisation abusive, un autre argument fallacieux (voir https://yourlogicalfallacyis.com/fr/generalisation-abusive ).

Sylvain Martel

Bonsoir Didier,

Vous mentionnez  » Pourquoi l’étude ne permet pas de répondre à la question « est-ce que l’alimentation cétogène est avantageuse pour la gestion du diabète de type 2 » ? Puisque nous ignorons si des résultats similaires auraient pu être observés chez les patients s’ils avaient adopté une autre alimentation, mais reçu le même suivi high-tech. Les auteurs de l’étude Virta n’ont pas attribué l’intervention de manière aléatoire et il n’y a pas de groupe contrôle ayant reçu une intervention. Ainsi, certaines caractéristiques des participants peuvent biaiser les résultats et l’on ignore le degré de résultats directement attribuables à l’alimentation cétogène (vs placebo? Vs régression vers la moyenne? Vs une autre intervention?).

Pourquoi est-ce nécessaire ?

Je vous défie de nous trouver, une seule étude où dans le cas de la gestion du diabète du type 2 le groupe contrôle a obtenu de meilleurs résultats que le groupe ayant adopté une alimentation Very Low Carb ou Low Carb soit sous les 130g de glucides.

Bien cordialement.

Sylvain M

Didier Brassard

Vous me demandez « pourquoi est-ce nécessaire » de décrire les limites d’une étude scientifique et de la replacer en contexte? Eh bien, car c’est mon travail! De plus, je peux expliquer à un public moins éduqué scientifiquement parlant: 1) les limites de la science; et 2) que l’alimentation cétogène n’est pas une approche miraculeuse et que la science à son sujet (pour la perte de poids/maladies chroniques) est encore nouvelle. Votre deuxième point n’est pas pertinent, car la question n’est pas là. Je ne dis pas que l’alimentation cétogène ne donne pas de résultats ou que d’autres approches sont supérieures. Au contraire! J’explique plutôt que la science au sujet de l’alimentation cétogène est encore « immature ». Ainsi, plusieurs questions sont sans réponses à l’heure actuelle. Or, sans réponse ne veut pas dire « ne fonctionne pas / est inférieur / à proscrire ». En d’autres mots, l’absence de preuve d’un effet n’est pas la preuve d’absence d’effet. Lecture pertinente: éducation scientifique 101 http://didierbrassard.com/science101/

Sylvain Martel

Comique votre réponse au sujet de mon deuxième point, que vous considérez ne pas être pertinent.

Lorsque toutes les études ou presque convergent dans une même direction, n’est-il pas de bonne guerre pour un scientifique de souligner que c’est le cas plutôt que d’éviter de le mentionner en se référant par exemple, à des méta-analyses qui ne traitent pas d’alimentation et ou de cétose nutritionnelle en tant que tels?

M’enfin !

p/s : Au cas où cela puisse vous être utile dans vos travaux de recherche, je me permets de partager le point de vue d’un groupe d’Europe de l’Est auquel un ami Tchèque a contribué à élaborer. Bien que non référencés dans le texte, plusieurs liens vers les études sont inclus.

https://www.svet-zdravi.cz/clanky/nizkosacharidova-strava-modni-dieta-nebo-zdravejsi-zpusob-stravovani?fbclid=IwAR0kuK9utaqA8_0EYJ20LEMJpDEIdXrZ80I-pVYFYqXuyunpbvJ5PLeBNIs

À la défense des glucides - Marie-Ève Caplette Nutritionniste

[…] Article vulgarisé de Didier Brassard nutritionniste sur les régimes faibles en glucides: http://didierbrassard.com/deuxfoismoins/  […]

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